C - Les limites de cette aide

Ces aides peuvent faciliter la vie des clandestins. Mais peuvent contenir des limites. Aider un sans-papier, c'est possible, mais à condition de le faire discrètement.

En effet, les familles qui leurs ouvrent les portes tout en ayant l'objectif de ne pas se faire remarquer par la police, c'est avant tout un délit "de solidarité" car d'après l'Article L622-1 de la loi - Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d'un étranger en France sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 euros.".

Il existe trois prises de risques : Ceux qui n'ont pas conscience que lorsque l'on prête un portable à un sans-papier qui va l'utiliser pour joindre un passeur; Ceux qui font du bénévolat en apportant de la nourriture, les vêtements ou un simple confort; et ceux pour qui cela s'inscrit dans le cadre de leur activité professionnelle: assistantes sociales, infirmières, médecins etc. qui sont tenus par leurs responsabilités et le secret professionnel.

En 2009, 5500 personnes se sont constitués prisonniers volontaires dans plusieurs villes de France. Leur délit: avoir aider des sans papiers. Un collectif d'associations dont Emmaüs, le Secours Catholique et France Terre d'Asile appelle à des rassemblements pour protester contre ce «délit de solidarité».

Récemment, Christiane Chocat et son fils Benjamin Chocat, ont été condamnés par la justice britannique pour avoir fait passer la Manche à 16 Vietnamiens, le 1er octobre 2009. Ils n'ont pas fait l'objet d'un procès, mais la justice britannique a directement prononcé leur peine par le tribunal royal de Portmouth. Ils ont finalement été condamnés à trois et cinq ans de prison. Ce n'est pas la première fois que des Français se retrouvent dans cette situation. En 2007, deux femmes avaient passé quatre mois et demi en détention préventive avant d'être acquittées. Elles avaient convaincu le tribunal que les deux Chinois sans papiers découverts dans leur voiture y étaient montés à leur insu.

Christiane Chocat et son fils Benjamin Chocat.

Maintenant le succès du film Welcome (sorti en 2009) invite à réfléchir. Le film raconte les aventures d'un maître-nageur qui décide d'aider un jeune émigrant à atteindre le Royaume-Uni. Selon Philippe Lioret, le réalisateur de Welcome, ils comparent les personnes qui aident les sans-papiers à ceux qui cachaient les juifs en France pendant l'occupation. Ce film n'est pas passé inaperçu, bien évidemment elle a crée des polémiques..A travers plusieurs interviews, Philippe Lioret et l'acteur Vincent Lindon ont dénoncé l'inhumanité de la loi qui punit de cinq années de prison et de 30000 euros d'amende ceux qui viendraient en aide aux "sans papiers".

Affiche du Film "Welcome"

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