A - Vivre avec la peur

Quelques 'images avec plusieurs clandestins se réunissant à des manifestations et la 3ème (tout à droite) évoquant la mort de Chulan Liu, clandestine chinoise qui s'était fénestrée par peur de se faire contrôler.

Au quotidien

La vie d’un « sans-papier » en France n’est pas toujours facile, car tout d’abord, il est très difficile pour certains d’entre eux de sortir dans la rue, aller chercher ses enfants à l’école, faire ses courses…En effet, ces gestes quotidiens sont devenus une angoisse permanente. La plupart, se sentent intégrés dans la communauté française, leurs enfants vont à l’école par exemple. Par ailleurs, ils paient même leurs cotisations sociales car, l’économie française a besoin de ces employés. Ainsi certains secteurs entiers seraient menacés sans l’apport de main d’œuvre que représentent ces travailleurs illégaux.

De plus, les chinois sont ceux qui restent le plus discret. Depuis la mort de l’une de leur compatriote le 20 septembre 2007, la peur est partout. Elle s’appelait Chulan Liu, elle avait 51 ans, et vivait clandestinement en France, par peur d’être renvoyée en Chine, elle s’est jeté par la fenêtre (du premier étage) à l’arrivée de la police. Depuis ce drame, la communauté asiatique réalise qu’elle est une des principales cible de la police.

La peur qui guide les pas des clandestins au travail comme à la maison et surtout quand ils se déplacent. Chinois, maliens, ou tunisiens...ils se sentent repérable alors ils déploient les trésors d'imagination pour se fondre dans le décor.

Voici l'extrait vidéo de l'émission "Pièce à Conviction" montrant la peur d'une mère clandestine allant chercher son enfant à l'école durant le trajet :

 

Travail clandestin

Par ailleurs, les contrôles et les arrestations se sont multipliés ces derniers temps surtout vers Belleville, à Paris XIème, appelé : le quartier chinois. Avant d'arrivé en France, les clandestins empruntent des milliers d'euros pour payer un passeur, qui va leur permettre de voyager pour arriver à leur fin, en passant avec tous les dangers (par plusieurs pays), et arrivent sur le territoire avec peu d'argent en poche. Pour rembourser leur dette, ces étrangers en situation irrégulière doivent travailler; on va donc parler du travail au noir, en effet, c'est l'activité exercée par un travailleur sans l'objet d'une déclaration aux administrations sociales et fiscales. En effet, le travail clandestin est interdit par la loi française. C’est l’article L.324-9 du Code du travail qui l'interdit : Le travail totalement ou partiellement dissimulé, défini et exercé dans les conditions prévues par l’article L.324-10, est interdit ainsi que la publicité, par quelque moyen que ce soit, tendant à favoriser, en toute connaissance de cause, le travail dissimulé. Il est également interdit d’avoir recours sciemment, directement ou par personne interposée, aux services de celui qui exerce un travail dissimulé. Les travailleurs gagnent 3 fois moins qu'un ouvrier déclaré.

Un autre phénomène touche ce travail au noir : "les patrons voyous", ceux qui profitent de la main d'oeuvre "gratuite" de ces sans-papiers. Effectivement, ils ont un énorme pouvoir sur eux; quand ils ont plus besoins d'eux, ils utilisent une méthode simple qui est de faire croire aux clandestins que la police arrive sur place pour contrôler les papiers et leur promettent de les rappeler quand tout ira mieux mais ils ne le font pas. Il y en a d'autres qui sont plus strictes et très menaçants, car rappelons que le travail au noir est illégal en France, donc les patrons en profitent mais demeurent très méfiants. D'autres patrons ne recrutent pas d'immigrant par peur de se faire arrêter. Employer illégalement un sans-papiers peut coûter 5 ans de prison et jusqu’à 15 000 euros d’amende.

Voici le témoignage d'une clandestine chinoise, qui appelle un patron pour chercher du travail (extrait d'Enquête Exclusive) :


Mais depuis quelques années, les français ont découvert une toute autre réalité, de nombreux clandestins travaillent en CDI (contrat à durée indéterminée) depuis des années, payant même les impôts, et leur côtisations sociales..pourquoi sortent-ils de la clandestinité ? Comment réagissent-ils? se mobilisent-ils ? Ils vont alors manifester avec les collectifs tel que le réseau d'éducation sans frontière pour montrer qu'ils sont bien intégrés en France.

 

Couverture d'une brochure du collectif des cinéastes pour les "sans-papiers" , pour l'appel à la régularisation de tous les travailleurs sans papiers. D'ailleurs, dans cette brochure on y trouve quelques témoignages photos des clandestins voulant se faire entendrep our être régularisés :


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