C - Les centres de rétention

Le centre de rétention de Vincennes

 

Les centres de rétention administrative (C.R.A.) ont vocation à recevoir les étrangers qui n’ont pas le droit de séjourner sur le territoire français et sont sous le coup d’une interdiction de territoire ou d’une procédure d’éloignement le temps de pouvoir les envoyer dans leur pays d’origine et leur permettre d’exercer des démarches de recours. Les étrangers rentrant sur le territoire en attente de régularisation de leur situation sont aussi présents. De plus, la durée maximum est entre deux et trente-deux jours, la durée moyenne de rétention étant de neuf à dix jours.

Selon la Cimade, en 2007, plus de 35 000 étrangers ont été placés en centre de rétention en 2007 (32 268 en 2008), parmi lesquels 242 enfants dont 80 % avaient moins de 10 ans. Si les mineurs sont protégés par la législation française contre les mesures d'éloignement, ils peuvent cependant accompagner leurs parents dans les CRA lorsque ceux-ci font l'objet d'une procédure de reconduite à la frontière.

Aujourd'hui, il existe une nouvelle loi sur l'immigration : la loi Besson : elle augmente les conditions de rétention : de 32 à 45 jours. Tout dépend comment la personne a été arrêté, ça joue à des détails.

L’enfermement des personnes en situation irrégulière devient peu à peu un outil banal de la politique migratoire.

Souvent entouré d’enceinte grillagé et de barbelé, l’ensemble du camp est très protecteur car dans tout les camps il y a des dizaines de caméras et des détecteurs de mouvements qui complètent ce dispositif carcéral ; en effet, les C.R.A. ne sont pas des prisons ni des hôtels.

Ce qui explique un univers très déshumanisé, le non-droit, les violences, les automutilations et les tentatives de suicide.

L'article R. 553-3 du CESEDA détermine la capacité d'accueil des CRA (140 places maximum) et la nature des équipements de type hôtelier et des prestations de restauration collective. Les normes sont les suivantes :

  •  surface utile minimum de 10 m² par retenu comprenant les chambres et les espaces librement accessibles aux heures ouvrables ;
  •  des chambres collectives non mixtes, contenant au maximum six personnes ;
  •  des équipements sanitaires, comprenant des lavabos, douches et w.-c., en libre accès et en nombre suffisant, soit un bloc sanitaire pour 10 retenus ;
  •  un téléphone en libre accès pour 50 retenus ;
  •  locaux et matériels nécessaires à la restauration conformes aux normes ;
  • au-delà de 40 retenus : une salle de loisirs et de détente distincte du réfectoire, dont la superficie est d'au moins 50 m², majorée de 10 m² pour 15 retenus supplémentaires ;
  •  une ou plusieurs salles dotées d'équipement médical, réservées au service médical ;
  •  un local permettant de recevoir les visites des familles et des autorités consulaires ;
  •  un local réservé aux avocats ;
  •  un local affecté à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
  •  un local, meublé et équipé d'un téléphone, affecté à l'association ayant pour mission d'informer les étrangers et de les aider à exercer leurs droits (par exemple la Cimade) ;
  •  un espace de promenade à l'air libre ;
  •  un local à bagages ;
  •  pour les CRA habilités à recevoir des familles : des chambres spécialement équipées, et notamment de matériels de puériculture adaptés.

 

Voici une photo d'une chambre en centre de rétention

Comme le montre l’incendie de Vincennes, en novembre 2010 : Trois des sans-papiers se sont évadés de ce C.R.A. en profitant d’une vitre brisée et du dysfonctionnement de l’alarme, aujourd’hui ils restent toujours introuvables.

De plus, depuis 6 ans, l’association C’SUR est une œuvre sans relâche auprès de centaines de migrants « invisibles », vivant à côté de nous dans la peur et dans des conditions humaines dignes de pires bidonvilles. La plupart des réfugiés viennent manger tous les soirs et donc le gouvernement pensent que les associations attirent les sans-papiers, souvent, ceux qui ont été arrêtés puis relâchés car ils sont non reconductible.

Certaines associations sont là pour aider les sans-papiers sans domicile dans leur démarche juridique et d’autres sont présents pour leur apporter tout ce qu’ils ont besoin comme les vêtements, de la nourriture non périssable, des produits d’hygiène…

 

Caricature de presse par Babouse (François-Henry Monier)

Babouse caricature la vie quotidienne des clandestins dans les centres de rétention. En effet, le plafond qui est très bas et la lampe (qui peut être une corde) montrent le fait que ces centres incitent aux clandestins de se suicider car la vie là-bas n'est pas favorables.

 

Témoignage

Oussama Ben Brahim était un élève du lycée professionnel Auguste Perdonnet à Thorigny (77240), il a été arrêté sous les yeux de ses camarades par la police. En effet, il a été ramené en centre de rétention au Mesnil-Amelot le 21 novembre dernier. Vivant en situation irrégulière avec son père, pour poursuivre ses études. Malgré cela...le 04 décembre 2010..l'avion est bien parti...malheureusemet avec lui.

Voici donc le témoignage d'Oussama Ben Brahim reçu par mail le 07 décembre 2010 au Réseau d'éducation sans frontières, expliquant ces derniers jours en France, dans le centre de rétention puis vers l'aéroport pour le ramener dans un autre pays. La mobilisation continue pour le retour d'Oussama dans le territoire français.

*Cliquez sur les trois images pour les agrandir (Merci au RESF de nous avoir fait parvenir de ce témoignage)*

Voici un extrait de l'émission Enquête Exclusive voyant la démarche rapide de l'arrestation d'un sans-papier pour le renvoyer au centre de rétention, on voit également des militants des droits de l'Homme voulant aider cet homme.

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